Le Sétâr, par Hoda Sadjâdi

Le Sétâr (Sitâr) est de la famille du tambour préislamique.

La caisse de résonnance du sétar est faite de bois de mûrier. Il pèse vingt-cinq ou vingt-six gammes. L’étymologie du mot sétar en persan nous apprend qu’il a trois cordes :

Sé – TÂR = trois – cordes.

Mais on y a ajouté une quatrième corde ultérieurement.

Cette modification dans la structure du sétâr a été faite par Moshtâgh Ali Shâh, célèbre joueur de cet instrument au XVIIIème siècle. Cette corde qui s’appelle  » pré-joué  » est accordée par rapport à la note de base ou la note du support, mais elle ne sera pas jouée seule, mais uniquement avec les autres cordes qui rappelle la note principale à ses auditeurs.

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Abol-Hassan Sabâ

Grâce à sa résonnance douce qui provient de la conception même de la structure, cet instrument a particulièrement retenu l’attention des soufis et des gnostiques.

En effet c’est pour contourner l’interdiction de la musique longtemps en vigueur en Iran qu’a été créé le sétâr aux tonalités suaves et délicates.

On dit que Moshtâgh Ali Shâh appelait son sétâr  » le bâton à frapper les clients  » pour pouvoir le sauver des virulents opposants à la musique.

Sous le règne du roi Nasser-e-Din Shah (1898), Mirza Abdollah fils d’Aghâ Ali Akbar Khan Farâhâni, fondateur du répertoire académique embrassant tous les systèmes modaux d’Iran, a été parmi les premiers à considérer le sétâr comme l’un des instruments de base de la musique traditionnelle.

Par ailleurs, il était lui-même un joueur très doué de cet instrument.

Après lui, Darvich Khân et Abol-Hassan Sabâ sont les maîtres les plus célèbres de cet art. En suivant la voie de Mirzâ Abdollah, ils ont contribué à faire connaître le sétâr au peuple.

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Mirza Abdollah fils d’Aghâ Ali Akbar Khan

Malgré cela, même jusqu’aux années 1900, le sétâr n’avait pas encore trouvé sa véritable place comme instrument de base et il était souvent considéré comme l’instrument auxiliaire des musiciens.

Avec l’apparition de la radio et la diffusion sur les ondes de la musique traditionnelle jouée par les grands maîtres, l’accès à cet art se facilita et se généralisa dans une large mesure. C’est ainsi que les concerts radiophoniques de sétâr d’Ahmad Ebâi, le fils doué de Mirzâ Abdollâh, attirèrent finalement l’attention des auditeurs et firent redécouvrir ce magique instrument aux sonorités paradisiaques.

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